La ville de Commercy est le berceau de la madeleine inventée dans les cuisines du château du Roi Stanislas au XVIIIe siècle. Commercy était la cité des "Plaisirs royaux" de Stanislas qui aimait y venir pour la chasse et pour y recevoir ses invités. La ville a gardé des témoignages de cette époque : château, prieuré, bailliage, hôpital.

Ce patrimoine architectural s'est enrichi avec des bâtiments de style "Art nouveau" au début du XXe siècle. On peut aussi y visiter le musée de la céramique et des ivoires, deuxième collection de France.

Au Moyen-Âge, enfermé dans ses remparts, Commercy se développe autour de la forteresse de ses "damoiseaux". La ville, partagée entre deux seigneuries, jouit d'un statut juridique particulier lui conférant une quasi-indépendance entre le royaume de France, et les duchés de Bar et de Lorraine.

Avec deux seigneurs, Commercy avait deux châteaux. Le château Bas a aujourd'hui totalement disparu.

 

L'autre forteresse, le château haut, une dernière fois assiégée par Vauban en 1653, est transformée par le cardinal de Retz qui en fait sa résidence. C'est au prince de Vaudémont que l'on doit le château actuel. En 1708, il acquiert la principauté de Commercy et reconstruit le château. Pourtant, l'Histoire ne retiendra que le nom de Stanislas qui prit possession de Commercy en 1745 et fit du château un "enchantement" pour ses visiteurs.

NAISSANCE D'UN PALAIS : CHARLES HENRI DE VAUDÉMONT

Après une carrière militaire bien remplie, Charles Henri de Vaudémont, fils du duc de Lorraine Charles IV, a accumulé les honneurs : chevalier de la Toison d'Or, prince de l'Empire, capitaine général des Flandres puis gouverneur du Milanais pour le roi d'Espagne. Dès 1685, Louis XIV l'accueille, le logeant à Versailles et Marly. En 1708, il acquiert la principauté de Commercy et décide de quitter la cour pour s'y installer.

 

Le château est rebâti, les jardins transformés. Les bourgeois se voient imposer un projet architectural et urbanistique qui, en s'inspirant de l'exemple de Versailles, bouleverse complètement leur ville tandis que tous les villages de la principauté sont réquisitionnés pour participer aux travaux.

Dès 1709 et durant dix ans, avec ses architectes Boffrand, Dorbay et le bénédictin dom Durand, le prince de Vaudémont dépense sans compter. Le nouveau château qui s'appuie sur les tours et les courtines de l'enceinte extérieure de la forteresse, fait face au Fer-à-Cheval dont il est séparé par un fossé.

 

Désormais la vieille ville est complètement séparée de l'espace princier. À l'ouest, au-delà du "Pont Neuf", l'avenue tracée par Boffrand continue avec l'allée des Tilleuls qui mène à la forêt, extraordinaire domaine de chasse baptisé "Les Plaisirs de Commercy".

À l'est, Hérè fait creuser le grand canal qui prolonge l'axe initial et conduit les hôtes du roi de Pologne au "château d'eau", un pavillon de réception. Ce nouvel ensemble disparaît au lendemain de la mort de Stanislas.

D'abord converti en caserne puis incendié en 1944, le château est restauré à partir de 1957 et inauguré le 5 novembre 1972.

 

La place s'ouvre sur la "rue Neuve" (avenue Stanislas) bordée par des immeubles dont les façades, à l'origine toutes identiques, prolongent le Fer-à-Cheval jusqu'au "Pont Neuf" (carrefour de la sous-préfecture). Au-delà du "Pont Neuf", débute l'allée des Tilleuls qui mène à la forêt et au domaine de chasse. Pour souligner la perspective, de gros travaux de terrassement, remblais et tranchées, sont réalisés.

Les Plaisirs royaux de Commercy

À partir de 1738, les deux côtés de l'allée sont lotis jusqu'à l'hôpital Saint Charles. Peu après 1745, le roi Stanislas, nouveau propriétaire des lieux, fait élever par Héré les ailes basses ornées de pots à feu et de trophées qui relient le château et le Fer-à-Cheval.

 

 

L'HÔPITAL SAINT-CHARLES

Grâce à la générosité de leurs princes, les bourgeois de Commercy lancent la construction de l'hôpital Saint-Charles qui remplace leur vieille Maison-Dieu abandonnée aux Ursulines…

 

Dom Durand supervise le chantier. La chapelle est construite en même temps que la pharmacie quelques années plus tard. Celle-ci est aujourd’hui conservée intacte avec sa collection de pots.

Le Prieuré de Breuil

Fondé avant le XIe siècle, le prieuré bénédictin Notre Dame de Breuil, après avoir appartenu à l'abbaye de Molesme, adhère à la congrégation Saint Vanne et Saint Hydulphe au XVIIe siècle. Jusqu'à la Révolution, il sert de scolasticat à la Congrégation.

Les bâtiments conventuels sont entièrement reconstruits au début du XVIIIe siècle par Dom Durand à qui l’on doit également ceux de l'abbaye de Moyenmoutier.

 

Après la Révolution, les bâtiments abritent les gendarmes et le sous-préfet puis, à partir de 1863, l'École Normale de garçons. L'église prieuriale, menaçant de tomber en ruine, est démolie en 1810.

[Retour]